La lumière

Le temps se dilata, se compressa, tout en s’emmêlant à mes tripes. Il me fit un nœud autour du cou, mais ne parvint pas à avoir ma peau. Il réussit juste, à me faire chier dans mon froc. Pendant quelques mois, il s’évapora, puis revint m’écraser le crâne avec son tic-tac. Maintenant c’est mon ami. Le temps ce fils de pute est mon pote. Tous ceux qui sont susceptibles d’en vouloir à ma peau, sont mes seuls amis. C’est plus facile à gérer, et bien plus drôle. Donc, le temps, cet enculé, prit un sacré bout de temps à se démêler de mes tripes. « Le temps prit un sacré bout de temps. » Quel con ! Bon désolé, mais ça fait longtemps que je n’écris plus. Putain je n’arrête pas de fourrer temps dans toutes mes phrases. Attendez ! Qu’est-ce que je viens d’écrire quelques lignes plus hautes : « Bon, désolé. » Moi, le big Jo, je m’excuse, comme si moi, j’avais des comptes à vous rendre. Putain je savais que commencer à écrire, c’était un truc de tapette. En même temps, je suis un peu une tapette… Mais pour qu’il n’y est pas de malentendu entre nous, surtout, qu’il n’y est pas de problème pour vos gueules, il faut que vous sachiez, qu’il n’y a que moi qui me traite de traviole et personne d’autre.

Vingt ans se sont écoulés, entre les dernières lignes de mon journal, et ces nouvelles « mémoires » (du trou du cul). En m’initiant à l’écriture, j’ai l’impression que le gamin d’antan, ressurgit timidement, du plus profond de ma merde. Mais je ne suis plus la même personne, et je ne pourrais plus redevenir celui d’avant. D’ailleurs ça ne m’intéresse pas.

Nous sommes des insectes, nous avons une carapace très épaisse, mais il est très facile de nous écraser comme des simples cacahuètes. Le plus important c’est qu’il ne faut pas croire au temps. Notre vie n’est pas linéaire. Nous avons au minimum deux existences. À un certain point, nous devons subir une métamorphose. Cela fait partie de notre évolution. Sinon on continu à tourner en rond, et on finit par s’envenimer soit même, comme le scorpion quand on le met à l’intérieur d’un cercle de feu. C’est con et dangereux un scorpion. Souvent les plus dangereux sont les cons. Le gamin que j’étais avant, était con. Et sa connerie devint dangereuse pour sa propre survie. Mais c’est grâce à sa connerie que je suis là, et qu’il n’est qu’une réminiscence suffoquant dans mon trou de balle. Le con est mort, vive le con !

Après la rupture avec Linda, le gamin enchaîna ses conquêtes sexuelles. Il ne voulu rien savoir des peines d’amour, il voulait baiser. Il ne revu plus Linda, et il commença à traîner dans toutes les fêtes, et bar branchés de la ville. Il découvrit qu’il plaisait aux filles, et qu’il ne devait pas faire trop d’effort pour se retrouver dans le lit d’une cochonne. Il comprit qu’il ne fallait pas s’acharner sur la pierre précieuse, mais juste répondre au premier sourire. Le gamin n’était pas exigent. Très vite le cul devenu une dépendance. Plus il en baisait, plus il en avait envie. Le problème des drogues, n’est pas les drogues en soit, mais qu’elles sont souvent utilisé pour combler un vide. Et le vide ne peut pas être rempli, il faut lui nouer la queue, lui défoncer la gueule, et bâtir autre chose à sa place.

Je me demande avec quels ingrédients, notre corps produit le sperme? Toute cette jeune sécrétion enfermé dans des capotes, ou perdu dans les canalisations de la ville. Si c’était possible, il y en aura eu un paquet de gamins-mutants.

Le gamin comprit assez vite, de toute façon il s’en doutait depuis le début, que le sexe ne pouvait pas être une fin en soi, un but dans la vie. Mais il tarda à réagir. D’abord il trouva des justifications à ces actes : Il n’avait pas assez baisé quand il était plus jeune, donc il devait se rattraper. Mais très vite, cette excuse se révéla insuffisante. Puis, comme il n’était pas un grand séducteur, et qu’il se retrouvait avec toutes les filles coincées, timides ou mal dans sa peau, il eu une révélation : Il décida d’aider son prochain, de redonner de l’espoir à toute ces âmes perdues. Il découvrit que derrière toutes les belles façades de la ville, se cache la solitude. Elle est partout. Et beaucoup de femmes sont prêtes à supporter n’importe quel connard, pour ne pas se sentir seules. Cette nouvelle mission rédemptrice, fut le début de la fin de notre beau gosse.

Ce fut Sophie sa première victime. Elle était arrivée à Bruxelles, il y avait deux ans, pour faire des études en médecine. Elle venait d’un petit bled pourri en Wallonie.

Elle n’avait connu qu’un seul gros connard avant de rencontrer le gamin. Première relation sexuelle et premier amour, qui dura de ses seize ans jusqu’à un an après son arrivée à Bruxelles. Son mec ne voulait pas la laisser, malgré le fait qu’il soit resté vivre dans le bled pourri, et qu’il la trompait avec tout ce qui bougeait, moutons inclus.

Il n’arrêtait pas de la rabaisser, de lui dire qu’elle était simple d’esprit, moche, trop grosse. Sophie s’était convaincu qu’elle était une merde, mais sa force intérieur, et son instinct de survie, l’avait poussé à quitter le gros connard. Entreprise qui ne fut pas facile : La rupture dura plus d’un an. Elle était dégoûtée des hommes, quand elle rencontra notre gamin. Mais notre beau gosse avait un sourire qui faisait fondre toute les forteresses de glaces.

Il la rencontra à une fête d’étudiant. Elle était avec une copine. Ce fut d’abord son amie qui commença à parler avec le gamin, puis ce fut le tour de Sophie. A la fin de la soirée, elle lui donna son numéro de téléphone, et ils se revirent dans un bar. Il ne la baisa pas au premier rendez-vous. Le gamin s’imaginait qu’il ne fallait pas la bousculer, même si à ce moment, le seul but, était de la bousculer dans tout les sens.

Au deuxième rendez-vous, ils allèrent chez elle, et ils s’envoyèrent en l’air, dans le noir (elle avait honte de son corps, comme beaucoup de femmes, et surtout comme beaucoup de femmes qui ont été avec des connards.) C’est grâce à la gêne de Sophie que le gamin eu la révélation, et décida de tout faire pour redonner confiance à la jeune fille.

Comme n’importe quel acte désespéré pour donner un sens à la vie, le gamin y croyait sincèrement. Ne pas y croire, ce serait s’avouer la duperie, s’avouer l’absurdité de nos existences. Mais Sophie n’était pas belle. Je ne sais pas ce qu’il en pensait le gamin, mais moi avec le recul, je trouve qu’elle était vraiment laide et ésotériquement énervante. Elle voulait tout le temps faire des ballades dans les bois, et faire l’amour avec des huiles essentielles. Au début, toutes ces conneries plaisaient au gamin. L’histoire des huiles essentielles l’excitait à fond. Il proposa même d’aller faire l’amour dans les bois en s’enduisant d’huiles essentielles. Mais dès qu’elle commença à réciter des poèmes qu’elle avait écrits, pendant qu’ils faisaient l’amour, l’idylle tourna au cauchemar. Le plus lamentable de l’histoire, c’est que ce petit jeu mystico-poétique fut une invention des deux. Je ne pense pas que Sophie avait l’habitude de faire l’amour dans les bois avec l’autre connard, sauf peut-être, à la sortie d’une fête de village, mort bourré. C’est le gamin qui l’encourageait dans tout ce délire : « - Moi aussi je pense qu’il y a une force invisible dans la nature. » Disait-il. Ou bien : « - Tu es belle quand tu te couches toute nue sur les feuilles mortes. » Mais le pire, c’est quand il lui disait : « - Tes poèmes me touchent profondément. »

Peut-être qu’au début, le gamin y croyait vraiment. Quand un homme veut baiser, il raconte et croit n’importe quoi. Mais très vite, il se lassa du corps de Sophie. Le voile tomba, et il commença à voir toutes ses imperfections, à sentir des odeurs acides sortir de sa bouche, et de sa peau. Les poèmes pendant l’acte amoureux, commencèrent d’abord, à lui faire rire, puis l’énervèrent. Ajoutez à tout cela, le fait qu’après les belles déclarations d’amour de notre Don Juan, Sophie voulait faire l’amour uniquement sur des feuilles mortes.

Il devint de plus en plus difficile à notre rédempteur de mentir. Et les femmes sentent ces choses là. Elle commença à ne plus se sentir désiré, puis à se sentir moche et idiote. Plus le gamin s’efforçait à la trouver belle, et plus il lui faisait du mal. Finalement, il décida de lui expliquer qu’il n’était pas encore près pour s’engager, et se fut le drame. La voire si triste, lui faisait mal au cœur, mais la réaction de la jeune fille était disproportionné, aux yeux du gamin. Les négociations furent interminables, mais à la fin, ils décidèrent de ne plus se voire.

Le gamin était dégoûté, il ne voulait plus rien savoir des nanas. Une semaine dura son abstinence, puis il revint à l’assaut. Dans une soirée, pendant qu’il draguer une fille, Sophie l’aperçu, et elle fit un scandale. Il arriva à la calmer, mais après cette scène elle n’arrêta pas de lui envoyer des messages pour s’excuser. Le gamin essaya de la nier, mais comme elle s’accrochait fort, il décida d’aller la voir, et d’être sincère. Mais Sophie s’arrangea pour réveiller les restes de libido qui restaient au gamin vis à vis d’elle, et ils baisèrent une dernière fois. Ils baisèrent plusieurs fois pour la dernière fois, mais un jour le gamin en eu marre, et lui dit que c’était une mystique totalement hystérique, et qu’il n’avait même plus envie de lui éjaculer sur la figure. Elle est devenu folle, lui déclara la guerre, elle lui dit que c’était la personne qui l’avait le plus fait souffrir. Et là, le gamin explosa : « - Sale petite conne, mais qu’est-ce que tu en sais de l’amour? L’amour ce n’est pas un sévisse que tu subis d’un gros connard. Ce n’est pas après un mois qu’on devient fou amoureux de quelqu’un, c’est un truc qui se construit à deux, qui prend du temps. Il m’a fallu plus d’un an pour vraiment apprendre à aimer mon ex copine, et par après, ça n’a pas arrêté de grandir. Elle, c’est la seule personne qui peut me cracher à la figure, la souffrance que je lui ai causé. Parce que ELLE, elle m’aimait vraiment, et tu sais pourquoi, salle petite tarée ? Parce que moi aussi je l’avais aimé. Et je l’ai vraiment fait souffrir, parce que j’ai trahie ce putain d’amour. Cet amour qui était vraiment réel, et pas une putain d’invention de ton putain de cerveau de mystique de mes couilles. La seule personne qui peut souffrir à cause de mon manque d’amour, c’est elle. Tu n’as pas le droit, de lui voler ce privilège. Tu as compris salle petite conne ? »

Il était loin le gamin. Ah ! Ce bon vieux sentiment de culpabilité judéo-chrétien. On est tous coupable de quelque chose, même si on ne sait pas très bien de quoi.

Il était devenu un méchant garçon qui se nourrit du désespoir des cœurs solitaires. D’abord Patricia, puis Sophie. Qu’il pense qu’à ses couilles, ou qu’il essaye de faire le bien, le résultat était le même.

Il ne revu plus Sophie. Il commença à sortir dans les bars, et aller aux fêtes. Il rencontra d’autres filles, il baisa n’importe qui, et n’importe comment. Il se défonça la gueule avec l’argent des gentils contribuables. Un soir, il essaya de courtiser la femme d’un catcheur, et on lui explosa la tronche. Evénement qui attendrit énormément, l’amoureuse d’un de ces meilleurs amis, et qui eu comme conséquence une bonne éjaculation sur la figure de la petite amie de son pote. Le lendemain, quand l’alcool s’évapora de son sang, et laissa place à la douleur, et aux remords, le gamin se dit à lui même pour la millième fois : « Qu’est-ce je veux dans cette putain de vie ? » Mais cette fois-ci, la question en question (Quel con !), avait le poids d’une montagne. Le cul ; le petit pouvoir qui lui conférait toutes ces femmes en manque d’amour ; l’alcool qui lui donnait une certaine assurance ; tout ça c’était du vent. Du vent remplit de poussière pour ne rien voir. Il finit par le comprendre. Il décida de chercher un travail, de commencer des études, de chercher un sens à sa vie. Mais pour lui, c’était trop tard. Il avait juste un peu déconné, mais assez pour que tout foute le camp, autour de lui. Et c’est ce qui arriva.

Le jour que le gamin décida de se calmer, et de s’approcher du droit chemin, ne coïncida pas, avec celui de Sophie. Mais il ne se rendit pas compte tout de suite. Il l’avait oublié. Elle ne se fit plus entendre pendants quelques semaines. Des jours calmes et ensoleillés, écoulés à des entretiens d’embauches, ou devant Internet, à chercher des offres de travailles. Jusqu’au jour, où il reçu une visite. Ce n’était ni Sophie, ni un employeur vraiment très intéressé par un étranger au chômage. C’était la police. On l’emmena sans trop d’explication, puis tout s’enchaîna très vite, comme dans un cauchemar.

Sophie, après un des soirs où ils firent l’amour pour la dernière fois, prit les préservatifs de la poubelle, et les garda dans le congélateur. Elle ne savait pas très bien, ce qu’elle allait faire avec. Au début, elle pensa avoir un bébé du gamin, puis elle eu une meilleur idée : Elle prit un manche de balai, et se défonça l’anus et son sexe. Elle se cogna le visage contre le rebord d’une table, et décongela le sperme du gamin, et se l’introduit dans son trou de balle et dans sa chatte. Et les larmes aux yeux, pour ne pas voir ce qu’elle était en train de faire, elle alla au commissariat.

Le procès prit du temps à démarrer, mais en attendant le gamin resta en prison. Et tout le monde sait ce qu’on fait aux violeurs, en taule. Tout le monde sait ce qu’on fait aux belles gueules, derrière les barreaux. Le joli petit cul vierge du gamin provoqua presque une émeute. Il aurait pu en être fier, mais non, lui, il sombra doucement dans l’oubli, pour me faire place à moi.

Je voulais faire de la poésie noire, pour illustrer la descente en enfer du petit, mais même moi, quand je repense à ce qu’a enduré le petit, j’ai du mal à ne pas être ému. Le mieux c’est de raconter comment cela c’est réellement passé : D’une façon cru, et sous une lumière de néon agressive.

À partir du moment que la police rentra dans son appartement, pour l’emmener, le gamin vécu une sorte de rêve. Il ne comprenait pas très bien ce qui lui arrivait. Il entendait les voix comme si elles venaient de très loin, et les images se promenaient de façon décousues devant ses yeux. Jusqu’au jour où il croisa le premier regard d’un détenu qui en voulait à son cul. Brusquement, il se réveilla de son songe. La lumière des néons, le ramena à la réalité. Et il vu avec une netteté, et une clarté implacable, où il se trouvait, et qu’il allait bientôt se faire enculer. Son cerveau commença à chauffer. Il essaya de trouver un moyen d’éviter son destin. Il en devint presque fou. Après quelques heures, il avait tracé tout les scénarios possibles. Il réussi même à voler une fourchette pour se défendre. Il était sûr qu’on allait le violer dans les douches. Il s’y préparait. Il n’avait pas tout à fait tort, mais sa première fois, fut sur son lit. Un des gardiens ouvrit la porte, et plusieurs détenus entrèrent dans la cellule, et dans son petit cul bien serré. Le gamin essaya de résister. Ce qui excita encore plus ses camarades sexuels. Après ce premier dépucelage, il alterna son séjour entre l’infirmerie et sa cellule. Puis avec le temps il avait le cul tellement dilaté, que n’importe quoi rentrait dedans. Mais il continua à fréquenter l’infirmerie, parce qu’il continua à résister. Il n’arrivait pas à comprendre que c’était pire. Une fois il mordu la bite d’un type qui voulait se faire sucer. Et il passa trois mois à l’hôpital. On lui apprit à ne plus mordre. Pendant ces trois mois, il se dit qu’il allait continuer à mordre des bites, pour être envoyé le plus souvent possible à l’hosto. Mais il fini par ne plus avoir de force, même pour serrer les dents. Il était devenu un légume, avec, toujours, cette clarté, et netteté pour percevoir ce qu’il était en train de vivre. Il essaya les drogues, mais à l’heure de se faire violer, tout redevenait limpide, ses sens percevaient tout ce qui lui arrivait avec une implacable précision. Il essaya de faire avec, de prendre du plaisir, mais il ne pouvait pas s’empêcher d’être à chaque fois terrorisé.

Ses parents traversèrent l’océan, pour venir le voir. Il essaya de cacher sa terreur, mais il l’a voyait reflétée dans les yeux de ses parents, et ça devenait une torture. Il n’arrivait pas à leur parler, ni à les regarder dans les yeux. Cette visite fut atroce pour tout les trois, et le petit décida de ne plus les voir. Il n’avait pas la force de se savoir le bourreau de ses propres parents.

Il était en prison depuis plus de six mois, mais il avait perdu toute notion du temps. Il n’arrivait pas à dire si ça faisait plusieurs années, ou quelques jours que son calvaire avait commencé. Puis, un jour, il entendu le tic tac de l’horloge du couloir. Il ne l’avait pas encore entendu. Cette horloge particulièrement bruyante, devait être une des plaisanteries des gardiens. Une fois entendu le premier tic tac, il ne put s’empêcher d’entendre tout les autres. Même, quand il se trouvait dans le réfectoire, ou dans les douches, le tic tac continuait à retentir dans sa tête. Au début, c’était comme une goutte d’eau qui percutait son crâne, puis se devint comme une massue. Il arriva jusqu’au seuil de la folie, du non retour. Mais il trouva un dernier souffle, perdu au plus profond de son désespoir. Il comprit qu’il ne pouvait continuer à vivre de la sorte, et sans réfléchir, il commença à faire de la musculation. Ses pensées s’échappèrent petit à petit, pour faire place à mes plans et stratagèmes. Le gamin se faisait, toujours enculer et tabasser, mais il devenait de plus en plus costaud, et de plus en plus absent. Puis un jour sans l’avoir vraiment prémédité, lui, ou moi, ou tout les deux, on écrasa, avec une barre de la salle de musculation, le crâne du premier type qui avait violé le gamin. Ce fut la fin du violeur et du violé. Et la naissance d’un homme nouveau. Après cet événement, on commença à me respecter. Je ne tardai pas à mettre en exécution les plans que j’avais élaborés durant ma gestation. Je m’arrangeai avec un des gardiens, pour m’occuper du commerce des capotes, qui normalement devaient êtres distribués gratuitement, mais qui généralement périmées dans des cartons par négligence. Pas tout le monde à le sida en taule, et ceux qui sont de passage, n’ont pas envie de choper cette saleté. D’une certaine façon, c’est moi qui imposai l’habitude d’enculer avec capote. Ceux qui font les malins, je leur défonce la gueule. Je ne suis pas devenu le caïd de la prison, loin de ça, mais je suis respecté. De temps en temps, je me fais enculer, mais c’est parce que j’en ai envie. J’aime bien que ce soit un petit nouveau. J'adore voire un jeune visage perplexe, tiraillé entre la peur et le doute. Ce faire enculer quand on est nouveau, c’est terrible, mais prévisible. Mais débarquer, et d’entrée devoir enculer, un des vieux loups, c’est déstabilisant. C’est mon petit vice à moi.

Mais le plus important dans toute cette histoire, et c’est là que je voulais en venir, c’est que je n’ai plus peur. Je suis respecté. Je joue un rôle important dans le bon fonctionnement de la santé et du commerce de l’établissement. J’ai trouvé ma place dans cette petite société close. Je pourrais dire que j’ai trouvé un sens à ma vie. Et ça, je ne le changerais pour rien au monde, et encore moins, pour la misérable petite liberté du gamin. La liberté n’est pas une question de murs, c’est dans la tête qu’elle se trouve. On ne la mendie pas, on la gagne. On la mérite. Tout les fardeaux, ou croix qu’on porte durant sa vie, c’est parce qu’on accepte de les porter. Depuis que le gamin est mort, j’ai appris à faire porter mon lest, par les autres. Moi je suis léger, léger comme une plume.

 

Mais, le plus important, c’est de savoir qui est entrain d’enculer qui ?! Ce n’est pas grave de se faire baiser, mais il vaut mieux le savoir.

 

 

Vous savez quoi, je vous emmerde, et vous savez quoi encore? Vous avez de la chance que je sois derrière les barreaux, parce que sinon, depuis longtemps vous auriez eu ma bite dans votre cul. Ca vous excite, hein ? Bande de salopes ! 

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